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26 août 2014

Montebourg, Hamon, Filippetti : trois plans com' pour quitter le gouvernement

L'après-midi de lundi pourrait rester singulière dans l'histoire de la Ve République. En quelques heures, trois ministres ont expliqué publiquement qu'ils quittaient le gouvernement, dont la démission avait été annoncée le matin même. Relevons au passage le coup de com' : en réalité, leur sort était probablement déjà scellé en raison de leurs récentes prises de position, et ils ont préféré prendre les devants.

Surtout, si Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti ont donné l'impression de claquer la porte, ils l'ont fait chacun à leur manière. Et ces trois plans com' distincts en disent long sur leurs personnalités.

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• Montebourg, le flamboyant

Rien n'est trop beau pour Arnaud Montebourg. Le désormais ex-ministre de l'Economie avait habitué la presse à ses déclarations tonitruantes et ses mises en scène (souvenez-vous de la marinière…). Il lui était dès lors impossible de ne pas soigner sa sortie.

Lundi, à 16 heures, il convoque les journalistes à Bercy. Ce n'est pas une conférence de presse, puisque ceux-ci ne pourront poser aucune question. Plutôt une allocution aux accents solennels. Répétant son discours anti-austérité - auquel les faits donnent raison, selon lui - Montebourg proclame qu'il "reprend (sa) liberté", "avec la fierté du devoir accompli". Sans oublier de citer saint Augustin et le général Cincinnatus. Et de conclure : "Vive le redressement productif de l'économie française, vive la République, et vive la France !"

Montebourg complète son show par le 20 Heures de TF1 le soir même, histoire d'être certain que les Français le voient. Le spectacle est assuré, mais les lendemains s'annoncent douloureux. En effet, comment celui qui n'est désormais plus que conseiller général parviendra-t-il à conserver ce panache, privé de son maroquin ?

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• Hamon, le classique

Lui ne fait que le 20 Heures, celui de France 2. Particulièrement discret depuis qu'il est entré au gouvernement en 2012, Benoît Hamon, tenant de l'aile gauche du PS, exprime publiquement pour la première fois son désaccord. Posément, le ministre de l'Education nationale explique qu'il ne partage pas les choix politiques de François Hollande.

Mais Hamon veille à ne pas planter de poignard dans le dos : "c'est une grande fierté pour moi d'avoir été ministre", assure celui qui "reste dans la majorité" et veut "la réussite de la gauche". La méthode est classique et équilibrée, à défaut d'être spectaculaire.

aurélie filippetti, benoît hamon, arnaud montebourg

• Filippetti, la littéraire

Elle ne fait de télé. Du moins, pas tout de suite. C'est en effet par une lettre communiquée au Monde qu'Aurélie Filippetti annonce, dans une étrange formule, qu'elle ne sera "pas candidate à un nouveau poste ministériel". La missive de deux pages est dactylographiée, si l'on excepte un "mon cher Manuel" ajouté à la main.

"Le courrier est à l’image de sa bouillante ministre. Sûre d’elle et fragile", commente Le Monde. En difficulté au ministère de la Culture, un milieu où elle s'est fait beaucoup d'ennemis, Filippetti défend son bilan. Et exprime elle aussi son désaccord avec les options choisies par le duo exécutif. "Faudrait-il désormais que nous nous excusions d'être de gauche ?", écrit-elle. "Je choisi pour ma part la loyauté à mes idéaux".

Cette lettre sera complétée le lendemain matin par un passage chez Jean-Jacques Bourdin, face auquel Filippetti répète ses arguments. "On ne peut pas accepter d'avaler d'autres couleuvres", dit-elle, en appelant à "une politique économique alternative".

Crédits photos : captures France TV - Thesupermat/Creative Commons 

25 août 2014

Hollande, seul sous la pluie...

Il était déjà le "président de la pluie" lors de son investiture, qui s'est déroulée sous des trombes d'eau en mai 2012. Le mauvais temps s'est rappelé au bon souvenir de François Hollande, lundi matin, lors d'une commémoration du 70e anniversaire de la Libération sur l'île de Sein, dans le Finistère. L'image, retransmise en direct par les chaînes info, est cruelle : le chef de l'Etat est seul, serré dans son imperméable, plissant les yeux face à la pluie, les cheveux trempés, les lunettes humides de buées, sur fond d'un paysage breton rendu presque hostile par les nuages. Et nous sommes le 25 août...

On pourrait y voir l'image d'un président debout, faisant face aux éléments, envers et contre tout. Mais en pleine crise gouvernementale déclenchée par les critiques d'Arnaud Montebourg, on tissera plutôt la métaphore du président seul, accablé par la réalité, au milieu d'un paysage apocalyptique. 

 

Surtout, l'image pose une énième fois la question de l'organisation de la communication du chef de l'Etat. Les équipes de l'Elysée n'ont visiblement pas jugé bon de corriger le tir, même au minimum, par exemple en abritant le président ou en choisissant un décor moins glacial.


 

Justement, puisqu'on en parle... L'Opinion nous apprend ce lundi qu'un nouveau conseiller a été nommé à l'Elysée. Pierre-Louis Basse, ancien journaliste d'Europe 1, sera en charge des "Grands évènements" présidentiels. On ne sait pas si la commémoration de l'île de Sein était susceptible d'entrer dans son futur champ de compétences, mais le nouveau conseiller dispose désormais d'un exemple de ce qu'il lui faudra éviter.

29 janvier 2014

Avenue Foch : le bon coup de com' d'Anne Hidalgo

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Transformer la très chic avenue Foch en y installant une promenade piétonne, un "parc urbain", un centre commercial et construire des milliers de logements sociaux sur le bois de Boulogne voisin ? Révélé le 19 janvier par le JDD, ce projet élaboré par un cabinet d'urbanisme a reçu le soutien d'Anne Hidalgo, candidate socialiste à la mairie de Paris.

De quoi attirer l'attention des médias... et affoler la droite. "La colère gagne l'avenue Foch", a titré Le Figaro vendredi dernier, consacrant une pleine page aux riverains mécontents, prêts à transformer l'avenue en "Notre-Dame-des-Landes de Paris" :

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En réalité, ce projet pharaonique n'a quasiment aucune chance de voir le jour. L'avenue Foch est classée aux Monuments historiques, tout comme le bois de Boulogne, qui bénéfice en plus d'une zone de protection renforcée. Qui plus est, un tel chantier demanderait une modification du plan local d'urbanisme (PLU). Un vrai casse-tête, qui nécessite l'accord de nombreuses autorités différentes, et susceptible d'interminables recours devant les tribunaux.

Mais Anne Hidalgo n'en a cure. Car en réalité, tout cela est une magistrale opération de communication plus qu'autre chose. Comme le souligne Le Canard enchaîné mercredi, la candidate PS souhaite avant tout "montrer aux électeurs de gauche que les socialistes parisiens sont encore capables d'effrayer le bourgeois". Jouer la carte du projet choc qui dérange le caricatural XVIe arrondissement : une stratégie habile et peu coûteuse pour donner des gages à l'électorat traditionnel de gauche.

Jean-François Copé lui-même a salué l'adresse d'Anne Hidalgo. "Elle a réussi un très beau coup politique", a estimé le patron de l'UMP, cité par Le Point. "Elle a su envoyer un signal à son électorat de gauche, sans effrayer personne dans le XVIe, qui ne vote pas pour elle".

Crédits photo : Julien-René Jacques/CC-by

28 janvier 2014

Rémy Pflimlin ou Monsieur Langue-de-bois

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Vous voulez un scoop ? Alors n'appelez surtout pas Rémy Pflimlin... Fidèle à sa réputation d'homme prudent et tout en rondeur, le PDG de France Télévisions a une nouvelle fois manié la langue de bois avec une rare virtuosité, lundi sur Europe 1. Ne confirmant rien, esquivant quasiment tout, Pflimlin ne nous a pas appris grand-chose. "Arrêtez, on dirait un politique !", s'est même exclamé l'intervieweur, Thomas Sotto.



Quelques morceaux choisis :

• Des difficultés à l'allumage pour Ruquier ? "C'est une émission qui a bien démarré, qui a un concept nouveau, avec notamment l'interaction avec le public. Laurent Ruquier est un grand professionnel, j'ai toute confiance en lui. (...) Nous allons évidemment laisser à Laurent Ruquier le temps de s'installer."

• Une baisse d'audience de l'information ? "Aujourd'hui, nous avons un niveau qui reste en nombre de téléspectateurs très proche de ce qu'il était avant les présidentielles. (...) Ce qui est important pour nous, c'est de fédérer un public très important. Et ce public, ce n'est pas des parts d'audience, c'est un nombre de personnes, et ce nombre de personnes reste aujourd'hui important (...) sur nos journaux.

• Ce soir ou jamais déplacé ? "Je ne confirme rien du tout. Frédéric Taddeï est chez nous. Qu'il y ait aujourd'hui une réflexion sur l'évolution de la programmation pour la rendre plus efficace, c'est le cas. Mais c'est normal, on réfléchit sur les grilles.

• Le futur talk-show d'Alessandra Sublet ? "Rien n'est fait, absolument rien. Mais on travaille sur les évolutions de grille, évidemment." Avec elle ? "Pourquoi pas, ou avec d'autres."

• Un deuxième mandat après 2015 ? "Aujourd'hui, je suis totalement concentré sur mon mandat. Ne me parlez pas de dans deux ans. On a des problèmes au jour le jour à régler. (...) Nous verrons."

• Des désaccords avec le gouvernement ? "En tout cas, le travail que nous faisons et la signature du contrat et du budget que nous venons de signer montrent qu'on travaille ensemble.

Peut-être Pflimlin retient-il les leçons de son prédécesseur. Patrick de Carolis, qui n'hésitait pas à élever la voix face à l'exécutif, l'a payé de son poste. S'étant attiré les foudres de Nicolas Sarkozy, il n'a pas été reconduit pour un second mandat. Celui-ci a préféré le remplacer par le placide Pflimlin.

Crédits photo : Sipa

23 décembre 2013

Ces politiques qui travaillent le dimanche... à la télé

bruno le maire,

Prenant exemple sur l'historique Grand Jury, créé sur RTL par Michèle Cotta en 1980, les émissions politiques dominicales se sont multipliées ces dernières années. Pas forcément à l'avantage de la classe politique, d'ailleurs, à en croire l'état général de l'opinion à l'égard de ses membres… En attendant, ministres et responsables de partis défilent lors de ces rendez-vous radio et télé du dimanche. Le JDD a décompté le nombre de passages de chacun d'entre eux depuis la rentrée de septembre.

Champion toutes catégories : Bruno Le Maire, qui comptabilise neuf émissions dominicales en moins de quatre mois. Il faut dire que le député UMP "participe même parfois à deux émissions par dimanche" et "n'hésite pas non plus à remplacer au pied levé un invité absent", précise le journal. Suivent, à égalité, Pierre Moscovici, Xavier Bertrand et Marine Le Pen, avec six interventions chacun.

Certains invités sont gages d'une meilleure audience que d'autre. Ainsi, dimanche dernier, la présidente du FN a fait exploser le score du 12/13 dimanche de France 3, avec 1,4 million de téléspectateurs. Son concurrent Jean-Luc Mélenchon n'en avait rassemblé qu'un million. Mais pour savoir si ces audiences reflètent le résultat des urnes, il faudra attendre les élections municipales de mars prochain.

21 décembre 2013

Sophia Aram s'arrête, Marine Le Pen satisfaite

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Jusqu'ici tout va bien, l'émission de Sophia Aram lancée par France 2 en septembre, s'est arrêtée ce vendredi 20 décembre. Après des débuts catastrophiques, le programme n'est jamais parvenu à redresser son audience et sera remplacé par Laurent Ruquier en janvier. Un échec qui réjouit Marine Le Pen, lit-on dans Le Point cette semaine. "Elle ne nous aimait pas, celle-là. C'est bien fait !", a ainsi lancé la présidente du FN.

De fait, Sophia Aram n'est pas une grande fan du parti frontiste. En mars 2011, elle avait comparé les électeurs du FN à des "gros cons" dans une chronique sur France Inter (voir ci-dessous), ce qui lui a vu d'être placée sous protection policière quelques mois plus tard, après avoir reçu des menaces.

Photo : Gauthier Bouchet/CC-by

20 décembre 2013

"On n'a pas dîné", l'émission morte-née de Ruquier

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Ca devait s'appeler On n'a pas dîné. Dans une émission d'i-Télé dont un extrait a été dévoilé par Puremedias, Laurent Ruquier révèle le concept d'un projet d'émission sur lequel France 2 lui avait demandé de travailler pour la rentrée de septembre 2013. Avec sa productrice Catherine Barma, l'animateur avait imaginé une déclinaison en quotidienne de son talk-show hebdomadaire On n'est pas couché. Il avait même contacté Audrey Pulvar et Eric Zemmour, deux anciens chroniqueurs d'On n'est pas couché, en vue de cette émission.

Mais lorsque la chaîne lui a fait savoir que ce programme, s'il voyait le jour, serait programmé sur la case de 18 heures (et non celle de 19 heures), Ruquier a dit niet. France 2 s'est alors tourné vers l'autre candidat, Morgane Productions, et l'émission Jusqu'ici tout va bien, présentée par Sophia Aram. On connaît la suite : les mauvaises audiences ont condamné Jusqu'ici tout va bien, qui s'arrête ce vendredi.

Du coup, pour redresser son access, France 2 a fait appel à un certain... Laurent Ruquier ! Mais le concept que proposera l'animateur à partir de la mi-janvier, n'est pas celui qui avait été étudié pour On n'a pas dînéL'Emission pour tous sera plutôt un copier-coller télévisuel de son émission de bande On va s'gêner sur Europe 1. Et on retrouvera les Jean-Marie Bigard, Christine Bravo, Steevy Boulay et autres Jérémy Ferrari. Sinon, Zemmour et Pulvar, c'était pas mal non plus...

19 décembre 2013

Hollande veut-il fusionner France Télévisions et Radio France ?

Si elle n'avait pas été prononcée sur le ton de la plaisanterie, la petite phrase aurait pu mettre le feu aux poudres. Dans un discours prononcé mardi soir à l'occasion du 50e anniversaire de la Maison de la Radio, François Hollande a eu ces mots : "nous pourrions imaginer que France Télévisions et Radio France puissent rassembler leurs contenus dans un grand service public audiovisuel". Des propos à voir dans la vidéo ci-dessus...

Sentant qu'il marchait sur des oeufs, le chef de l'Etat s'est cependant très vite rattrapé par une boutade : "mais là je m'aventure peut-être, je préfère ne pas trancher !" Ses détracteurs y verront encore une preuve d'indécision. A sa décharge, soulignons tout de suite qu'un tel chantier serait une véritable mission impossible. La preuve : France Télévisions vient à peine de regrouper la quarantaine de sociétés qui la composaient en une entreprise unique, un effort apparemment titanesque qui a duré trois ans et dont la facture s'élève à plus de 100 millions d'euros

france télévisions, radio france, françois hollandePourtant, dans plusieurs pays voisins, le service public audiovisuel sous une marque unique est bel et bien une réalité. C'est le cas au Royaume-Uni avec la BBC, qui regroupe à la fois les télévisions et radios publiques. Idem en Espagne avec RTVE, en Belgique avec la RTBF ou en Italie avec la Rai. En France, jusqu'en 1974, c'est l'ORTF qui incarnait ce service public unique, mais l'organisme a depuis été scindé en plusieurs sociétés, dont Radio France et France Télévisions.

En réalité, il n'est pas question de revenir à l'ORTF. En fait, si Hollande a prononcé ces mots ambigus, c'est parce qu'il a mal lu son discours. La version mise en ligne sur le site de l'Elysée est la suivante : "Nous pourrions par exemple imaginer que France Télévisions et Radio France puissent un jour assembler leurs contenus internet dans un grand service audiovisuel numérique".

Va-t-on vers un regroupement des sites des télés et radios publiques ? A l'Elysée, la piste est sérieusement envisagée, selon l'AFP. Et mercredi, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a abondé dans ce sens, en affirmant qu'il fallait "travailler ensemble entre établissements publics à travers les contenus numériques pour créer de nouvelles synergies".

Photo : Redvers/CC-by

17 décembre 2013

Ce pape qui fascine les médias

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"Person of the Year". Le prestigieux magazine américain Time a désigné le pape François, qui fête ce mardi son 77e anniversaire, comme sa personnalité de l'année 2013. L'un de ses prédécesseur, le pape Jean-Paul II, avait déjà eu le droit à cette distinction, mais c'était en 1994, soit 16 ans après le début de son pontificat. François, lui, a été désigné par le magazine moins d'un an après son élection à la tête de l'Eglise.

En France, le pape François a également été élu "personnalité de l'année" par Europe 1. Et plus généralement, chacun constatera que depuis son élection, le souverain pontife draine l'attention des médias de manière toute particulière.

François est-il vraiment le pape des médias ? Tout bon observateur de l'Eglise vous dira qu'il n'a pourtant pas modifié l'enseignement de l'institution, et notamment ses aspects conservateurs souvent soulignés par les médias, sur des sujets comme l'avortement, la sexualité ou la place des femmes.

Non, en réalité, ce n'est pas le fond qui a changé, mais la forme. Pour le comprendre, il faut lire cette métaphore utilisée par Nancy Gibbs, la directrice de la rédaction de Time, afin d'expliquer le choix du magazine. "En moins d'un an, il a fait quelque chose de remarquable : il n'a pas changé les mots, mais il a changé la musique", écrit-elle dans le numéro spécial consacré à la personne de l'année. Et de citer les gestes symboliques posés par François : "Il ne vit pas dans le palais papal, entouré de courtisans, mais dans un hôtel dépouillé, entouré de prêtres. Il prie tout le temps, même quand il attend le dentiste. Il a retiré la Merceded papale au profit d'une Ford Focus éraflée. Pas de chaussures rouges, pas de croix dorée, juste une en fer autour de son cou".

Ce ne sont que des symboles, mais c'est peut-être ce qui compte le plus pour des médias lorsqu'ils doivent jauger un acteur de la scène internationale nouvellement entré en fonction. En plus de cela, il y a les mots. En appelant à ne pas "juger" les homosexuels ou en attaquant violemment le capitalisme, le pape François ne rompt aucunement avec la doctrine de l'Eglise, mais la défend avec des mots qui n'étaient pas employés auparavant, créant un décalage avec l'austère apparence de l'Eglise.

Le "décalage", c'est justement ce qui plait à une planète médiatique avide de nouveauté. En renouvelant profondément le style de la papauté, François sait qu'il a visé juste pour fasciner les médias. Il sait aussi qu'une fascination médiatique ne dure jamais.

16 décembre 2013

Vers un rapprochement entre Le Monde et Le Nouvel Obs ?

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La petite phrase n'a pas fait plus de bruit que ça. Elle n'est pourtant pas insignifiante. Interrogé par Le Figaro, qui lui demandait s'il était "favorable à un rapprochement entre leNouvel Obs et Le Monde", Claude Perdriel, le fondateur et propriétaire de l'hebdomadaire de gauche, a répondu : "oui, cela aurait du sens. Le Nouvel Observateur et ses 500.000 exemplaires renforcerait Le Monde".

L'hypothèse aurait pu paraître absurde il y a dix ans. Elle ne l'est plus du tout. Confrontés à une crise profonde, les journaux vont devoir se serrer les coudes, sous peine de mort. Le mouvement de concentration est déjà bien entamé dans la presse quotidienne régionale (PQR), ce qui n'est pas sans poser un problème de pluralisme. Il pourrait bien commencer dans la presse nationale.

Et si un rapprochement entre Le Monde et Le Nouvel Obs "aurait du sens", c'est parce que ces deux médias risquent de se marcher sur les pieds à mesure que leur lectorat - des CSP+ plutôt à gauche - s'amenuise. C'est aussi parce que, concurrencé par Internet, un quotidien comme Le Monde ne peut plus se cantonner à l'information brute, mais aller dans la profondeur, le décryptage et soigner l'écriture. Le boulot d'un magazine comme le Nouvel Obs, finalement ! Quant à l'hebdomadaire, il aura du mal à survivre seul dans un marché des "news mags" qui se rétrécit de plus en plus.

D'où l'appel du pied lancé par Claude Perdriel au patron de Free, Xavier Niel, l'un des actionnaires du Monde, pour lequel il a "une grande admiration". Le problème, c'est que si l'on en croit L'Opinion, cette déclaration d'amour a fait un jaloux : le banquier Mathieu Pigasse, également co-actionnaire du Monde, qui n'aurait pas apprécié de ne pas être cité par Perdriel. Et qui, du coup, n'est pas chaud du tout pour des fiançailles avec Le Nouvel Obs. L'impression des faire-part n'est donc pas pour tout de suite.

Photo : L. Cipriani/AP/SIPA/20minutes.fr

 
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